J’ai 24 ans et je suis atteinte d’hypothyroïdie

18 Mar, 2019 | Humeurs

J’ai bien dû repousser l’écriture de cet article pendant au moins 4 longs mois. Non pas par manque d’envie, mais parce que j’avais vraiment du mal à savoir par quel bout aborder ce vaste sujet qu’est mon hypothyoïdie. D’ailleurs, au départ, ce n’est pas du tout quelque chose que je crie sur tous les toits. Mais après en avoir furtivement parlé sur Instagram au travers d’un poste, j’ai reçu tellement de réactions, de femmes dont c’était aussi le cas, que j’étais obligée d’en dire un peu plus par ici.

Depuis mes 9 ans, je sais que je souffre d’hypothyroïdie. 

Souffrir, être malade, ce sont tous des termes que je déteste écrire parce que, je ne me sens pas malade. En tous cas pas en ce moment. Mais, le monde appelle ça une maladie, un dysfonctionnement de la glande thyroïdienne. Y a un truc qui cloche chez moi, dans mon corps, un truc sur lequel je n’ai aucun contrôle et qui, pourtant, régit une immense partie de moi :

Mes hormones

Le diagnostic de la maladie

Il y a cette énorme idée reçue qui associe les problèmes de thyroïde à l’âge. Mais en fait, c’est totalement faux : il n’y a pas que les personnes âgées qui sont sous Levothyrox pour soigner leurs problèmes de thyroïde. Et moi, j’ai été dépisté très vite.

Mon médecin de famille qui me suivait depuis ma naissance, a trouvé, qu’à mes 9 ans, ma gorge était anormalement gonflée. La glande thyroïdienne se situe précisément à cet endroit-là, elle a la forme d’un petit papillon et gonfle lorsque ça ne va pas bien là-dedans. Il faut savoir que cette glande, pas très connue, gère pourtant toutes les hormones de notre corps. Et ça agit sur beaucoup plus de choses que tu ne le penses, mais j’y reviendrai après.

Bref, suite à la constatation du médecin, j’ai fait quelques examens (prises de sang, échographie) et c’est là que le verdict est tombé. J’étais bien atteinte d’hypothyroïdie. Alors, pour être honnête, à 9 ans, on ne sait pas franchement ce que ça va impliquer, ce que ça va donner dans notre vie entière, notre quotidien, et c’est finalement sûrement mieux comme ça. Alors a commencé le chemin sinueux pour trouver un dosage adapté, histoire de stabiliser mon petit butterfly. C’était loin d’être gagné.

Mes symptômes

Je ne vais pas recopier bêtement les informations impersonnelles que tu peux trouver sur la toile. Je vais ici me contenter de te donner tout ce qui se passe en moi, depuis mes 9 ans, à cause de ce petit dysfonctionnement :

  • fatigue intense injustifiée
  • dépression
  • peau sèche
  • prise de poids
  • constipation
  • cheveux grisonnants tôt
  • changements mentruels

C’est un peu la check list de base, à laquelle il faut ajouter les bouffées de chaleur ou à l’inverse les frissons glaciales. Les problèmes de sommeil, insomnies, qui viennent contredire les fatigues intenses citées précédemment. On peut aussi constater des difficultés à avoir des enfants, mais comme ça n’est pas encore mon cas, je ne peux pas le placer concrètement dans mes symptômes. Bon, tout part franchement en live dans mon corps, à cause de ces minusucles hormones qu’on ne calcule absolument pas quand tout va bien.

Et ce que tu peux vite remarquer c’est que, ce n’est pas une maladie visible. Elle ne se devine pas. Les personnes atteintes de dysfonctionnement thyroïdiens ne se détectent pas à chaque coin de rue. Et du coup, ce n’est pas toujours évident d’encaisser la maladresse de certaines personnes. Mais, je suis toujours en vie, pas vrai ?

Le traitement que je suis aujourd’hui

Pour le moment, on a ajusté mon Levothyrox sur un dosage assez élevé, mais je suis toujours sur quelque chose d’instable qui n’est pas adapté à moi. Prise de sang, échographies… bref, la routine pour tenter de trouver ce qui saura me soulager.

Aujourd’hui, je me renseigne de plus en plus pour m’aider avec des choses plus naturelles, par l’alimentation, autant de données dont mon médecin spécialisé (l’endocrinologue) ne m’a jamais parlé. Je commence donc des démarches pour changer ce paramètre, bien qu’il me suive depuis mes 9 ans.

J’ai en tête de devoir prendre ce cachet qu’est le Levothryox à vie, en ajustant plus ou moins les quantités dosées, mais j’aspire à soigner mon corps par d’autres méthodes en lesquelles je commence à croire progressivement. J’espère t’en faire un retour positif un jour !

Ma maladie et ma vie de couple

Mon Homme est un super-héros. On parle souvent des difficultés à comprendre une femme enceinte, et bien lui et moi, c’est totalement notre quotidien. Je passe du rire aux larmes, à la colère en une toute petite fraction de secondes. Je suis hypersensible, à fleur de peau, je ne gère pas mes émotions, et il m’arrive d’être très triste, sans énergie, sans aucune raison et en agissant difficilement là-dessus pour changer la donne. Pourtant je suis très solaire, de manière générale. Et j’essaie au maximum de m’y ancrer, mes quand les hormones prennent le contrôle… difficile de récupérer les commandes !

C’est la plus grosse partie quotidienne à vivre, les émotions. Le reste, je le gère assez bien et je dédramatise (même si mes premiers cheveux blancs m’ont un peu traumatisée au début). Je respire, je suis vivante, j’ai de l’énergie (la plupart du temps), je marche sur mes deux jambes, je n’ai pas de handicap physique lourd et j’ai appris à comprendre, dompter et accepter ma maladie. Bref, ça va.

Ma maladie et mon quotidien professionnel

Pas simple de faire comprendre aux autres ce genre de choses totalement invisibles. Et parfois, on n’a pas nécessairement envie d’en parler d’ailleurs ! Bref, pendant ma scolarité, j’ai géré la chose, j’en ai parlé à certains professeurs en période intense de fatigue, mais sans plus. Et d’ailleurs, j’ai eu la chance de tomber sur des personnes extrêmement compréhensives et bienveillantes.

Dans le monde du travail c’est un peu plus compliqué. On n’a pas forcément envie de comprendre. Et le plus dur c’était vraiment ça : la fatigue. Tu comprendras sûrement certains paramètres que je dévoile sur mes réseaux sociaux, mais j’ai tendance à ne trouver le sommeil que très tard dans la nuit et à me lever tardivement aussi. Pas simple à mettre en pratique avec un 35h classique. Et bien, ça aussi ça a été un facteur de motivation qui m’a poussée à créer ma propre entreprise : je peux vivre confortablement aujourd’hui sur mes horaires adaptés à mon cycle et mon rythme de vie. Et la vie est bien plus douce ainsi !

Et moi, comment je vis tout ça ?

Je te parle beaucoup des autres depuis le début de cet article, mais moi, comment je ressens les choses ? Foutrement bien. Je n’ai jamais été du genre à me plaindre. Aujourd’hui mon mari est d’un soutien sans faille quand mes hormones me jouent des tours et le reste, je l’assure moi-même. J’ai appris à ne pas lutter contre tout ça, contre tout ce que je serai de toute façon incapable de contrôler. J’ai juste choisi de composer avec. Je ne suis plus dans ce rapport de force, je m’écoute complètement, et quand c’est un jour sans, je mets mon entreprise entre parenthèse, je m’organise autrement, et je prends soin de moi. Je ne m’énerve plus contre moi-même ou le monde entier pour m’avoir donné ce gentil cadeau, non, j’apprends à en tirer du positif chaque jour.

Je me sers de mon hyper sensibilité pour dégager des émotions fortes dans mes compositions de danse, je suis à l’écoute des autres, j’aide, je ressens, je donne, je positive, et j’apprends encore et encore sur ce que je suis capable de faire, d’encaisser et de vivre. Comme je l’ai dis, j’aspire à partir vers quelque chose d’encore plus naturel, mais je me laisse le temps de faire des recherches sereinement, de découvrir des choses, d’en apprendre un peu plus sur moi.

 

Et je laisse mon papillon battre des ailes quand il le décide : je suis prête à toutes les tornades.

Something is wrong.
Instagram token error.